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Télédermatologie

Améliorer l’accès au diagnostic dermatologique grâce à la télé-expertise.

Dermatologue examinant la peau

Chaque année en France, environ 11 000 mélanomes et 70 000 carcinomes sont diagnostiqués. Ces cancers cutanés représentent un enjeu majeur de santé publique, d’autant plus que la France fait face à une pénurie de dermatologues. Le délai moyen pour obtenir un rendez-vous s’élève à 55 jours, une attente qui peut retarder le diagnostic et la prise en charge.

Les masseurs-kinésithérapeutes occupent une place privilégiée dans ce contexte : leur vision globale du corps et de la peau du patient en fait des acteurs clés du dépistage précoce.

Le projet :

Le projet de télédermatologie a pour objectif d’améliorer l’accès au diagnostic et à la prise en charge des pathologies dermatologiques grâce au recours à la télé-expertise par smartphone.

Concrètement :

  • Le kinésithérapeute peut proposer un dépistage à distance en envoyant des photographies (prises avec un smartphone ou un ordinateur) au médecin dermatologue référent.

  • La démarche s’appuie en particulier sur la télédermoscopie, un examen indolore qui utilise un appareil grossissant posé sur la peau pour visualiser les structures superficielles cutanées.

 

Sur le plan médical, ce dispositif permet de :

  • évaluer le degré d’urgence d’une situation,

  • orienter rapidement le patient vers la prise en charge adaptée,

  • réduire les délais de diagnostic et de traitement.

 

Les bénéfices attendus concernent une réduction significative du délai de :

  • la première consultation,

  • la consultation spécialisée,

  • la réalisation d’une biopsie cutanée en cas de suspicion de lésion cancéreuse ou précancéreuse.

 

État des lieux :

Après plusieurs échanges avec l’ARS et l’URPS des médecins, les kinésithérapeutes ont été intégrés au projet SMARTDERM, dédié au développement de la télédermatologie.

  • Juin 2024 : le Lot-et-Garonne est choisi comme département pilote, en raison de sa faible densité de dermatologues et de la possibilité de travailler en partenariat avec le CHU de Bordeaux. Un budget de 18 000 € est alloué par le bureau.

  • Septembre 2024 : le Dr Valérie Dorisy-Voung, dermatologue libérale et hospitalière au CHU de Bordeaux, anime une formation auprès des masseurs-kinésithérapeutes du Lot-et-Garonne et du bureau de l’URPS. Cette formation porte sur la procédure de télétransmission et les types de clichés attendus.

  • Matériel : à l’issue de cette formation, des dermatoscopes acquis par l’URPS MK sont mis à disposition des kinésithérapeutes sous contrat de prêt.

  • Octobre 2024 : chaque participant reçoit un kit d’accompagnement comprenant :

    • une notice d’inscription et de télétransmission,

    • une fiche de rappel,

    • le support de formation,

    • un modèle d’ordonnance type,

    • une affiche à destination des patients pour signaler la participation du cabinet au projet.

 

Cette phase a permis d’identifier la nécessité d’affiner les documents supports et de renforcer l’accompagnement des kinésithérapeutes par des réponses à leurs questions en temps réel.

 

Perspectives :

  • Mai 2025 : un premier bilan sera réalisé avec le CHU et l’ensemble des acteurs impliqués afin d’évaluer les résultats, d’identifier les points d’amélioration et de mesurer l’impact du dispositif.

  • À terme, l’ambition est de généraliser le projet à d’autres départements, voire à l’ensemble de la région Nouvelle-Aquitaine, en s’appuyant sur l’expérience pilote du Lot-et-Garonne.

La télédermatologie représente une réponse innovante et concrète à la pénurie de dermatologues. En impliquant les kinésithérapeutes libéraux dans le dépistage précoce et la transmission d’informations fiables aux spécialistes, ce projet contribue à réduire les délais, améliorer l’accès aux soins et renforcer la prévention des cancers cutanés.

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